La mission Kinéis – Documentaire

Réalisateur ; Chef opérateur ; Monteur : Anaël Alonso
Scénario : Etienne Ribo et Anaël Alonso
Direction artistique et Motion design : Andréa Verdol et Rémi Boisserie
Musique : Julien Costa
Sound design et Mixage : Masami Komuro
Etalonnage : Thibault de Senneville
Cadreurs additionnels : Aurélien De Dapper ; Julien Subra, Bertrand Lemblé, Xavier Laurent

Production : BPRODUCTION
Client final : Kinéis
Années de production : 2023 – 2024 – 2025

It’s (a)live ! 🚀

Ça y est. Le documentaire La Mission Kinéis est enfin disponible au public. C’est, sans l’ombre d’un doute, le projet le plus ambitieux que j’ai eu la chance de réaliser jusqu’à aujourd’hui.

Le film raconte l’incroyable aventure humaine et technologique qui a conduit une équipe toulousaine de seulement 60 personnes à mettre en orbite la première constellation européenne de nanosatellites dédiée à l’IoT.

2023. L’agence Bproduction, avec qui je travaille régulièrement, me contacte pour réaliser un film d’entreprise de 15 à 20 minutes dans le domaine de l’aérospatiale. Un format documentaire court.

J’embarque immédiatement mon ami Étienne Ribo dans l’aventure pour m’accompagner à l’écriture. Le défi paraît surtout technique : faire rentrer dans quelques minutes une montagne de concepts complexes, des années de développement et une dimension humaine. Mon intérêt est piqué, mais je reste prudent.

Puis deux choses se produisent.

D’abord, notre rencontre avec Anne-Cécile Thibault, à l’origine du projet côté Kinéis, et Alexandre Tisserant, alors CEO de l’entreprise. Je me souviens particulièrement d’une phrase de ce dernier :

“En France, dans notre domaine, on a peur de célébrer, ou même de montrer les erreurs. Alors qu’il faut se tromper d’abord pour apprendre et réussir lorsqu’on veut innover. J’aimerais qu’on fasse un film qui ose montrer de la fierté.”

Puis viennent les entretiens avec les responsables techniques du projet. Avec Étienne, on comprend immédiatement qu’on est face à quelque chose de rare.

La technologie est fascinante. Mais ce qui nous accroche, ce sont les humains. Des gens brillants, et pourtant très accessibles, qui nous font découvrir un univers dont nous ne connaissions rien.

On rencontre alors une galerie de profils incroyables et variés. Le jeune ingénieur qui doit faire ses preuves. Le vétéran du spatial qui vit sa dernière grande mission. Le professeur ultra-technique. Le collègue à l’humour grinçant. La baroudeuse qui parcourt le monde… Des arcs de personnages passionnants, des archétypes de cinéma qui nous parlent immédiatement.
Et derrière eux, une petite équipe qui tente un exploit technologique colossal, pour le bien de la planète, dans un temps record.

À ce moment-là, une évidence s’impose : il n’y a pas un film institutionnel à faire. Il y a une histoire épique à raconter.

Après une semaine de préparation, nous revenons voir Kinéis avec une proposition : ne pas faire un film de 15 minutes. Mais faire un documentaire de 52 minutes. Non pas seulement pour expliquer une technologie, mais pour raconter le parcours de celles et ceux qui l’ont rendue possible.

À notre grande joie, Kinéis partage notre enthousiasme. Anne-Cécile porte cette ambition avec conviction, tandis que Benjamin Girard et toute l’équipe de Bproduction nous encouragent à pousser les murs. On nous fait confiance avec une liberté rarement accordée dans ce type de projet.

Alors on se met au travail.

Les semaines d’écriture deviennent des mois. Les tournages s’enchaînent aux côtés des équipes de Kinéis, avec la coordination précieuse de Anne-Cécile et Sébastien Martignac. Dans les bureaux, les salles blanches, les moments de tension comme de célébration.

Je me souviens particulièrement du premier lancement. Ce jour où nous filmons les larmes de personnes auxquelles nous nous sommes attachés. Derrière les caméras, Aurélien de Dapper, Julien Subra, Bertrand Lemblé et Xavier Laurent m’accompagnent pour l’occasion.

Puis viennent les longues journées d’interviews au Studio Capsule, où les protagonistes nous passionnent, se confient, nous font rire.

Et enfin la post-production. Des mois passés avec Étienne à démonter puis reconstruire le récit encore et encore. Couper. Réécrire. Réordonner. Peaufiner. Chercher le bon rythme pour que le spectateur soit embarqué d’un bout à l’autre ; à trouver le bon équilibre entre valorisation de la technologie et récit d’aventure.

À un moment, on ne compte plus les heures. Seul le film compte.

Puis notre petite équipe à nous prend le relais.

Andréa Verdol et Rémi Boisserie apportent leur regard à la direction artistique visuelle du film. Thibault de Senneville peaufine les images à l’étalonnage. Quelques jours avant la livraison, Masami Komuro se charge du mixage, dans la dernière ligne droite.

Et bien sûr Julien Costa. J’ai toujours eu un rapport particulier à la musique dans la création de films, c’est là que le film prend vie. Pendant trois semaines non-stop, nous échangeons pour construire la bande originale du documentaire. Je me souviendrai longtemps d’un changement de train à Bordeaux, sur le quai, casque sur les oreilles, découvrant pour la première fois l’envolée musicale de la séquence finale. Les frissons.

Puis un jour, le film est terminé. 53 minutes et quelques. On a tellement taillé dans la matière qu’on n’a pas eu le cœur de couper une minute de plus.

Je suis fier du film. Et aussi un peu épuisé. Pendant plusieurs mois, j’ai mis pas mal de choses entre parenthèses. Mais certaines aventures méritent qu’on s’y abandonne.

Quelques mois plus tard, le documentaire est projeté au Pathé Labège devant les équipes de Kinéis, leurs partenaires, le CNES et l’équipe du film. Je me souviens surtout des regards. De la fierté visible chez celles et ceux qui découvraient leur propre histoire sur grand écran.

Et puis la semaine dernière, nouvelle projection à la Cité de l’Espace, dans la salle IMAX. Cette fois devant un public qui ne connaît pas forcément Kinéis. Et le film fonctionne aussi.

À la sortie, un des protagonistes du documentaire, que je n’avais pas revu depuis le tournage, me dit :
“Depuis plus de trente ans que je suis au CNES, je n’ai jamais vu un film comme ça. Dans la réussite du projet Kinéis, il y a aussi le film.” C’est pas rien.

Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe amoureux d’un projet initié par un client. Parfois, le potentiel est tellement beau qu’on oublie les heures, qu’on repousse les limites autant que possible et qu’un film d’entreprise devient plus que ça, un film dont on est vraiment fier.

Merci à toutes les personnes qui nous ont fait confiance et nous ont ouvert les portes de cette aventure hors norme.

Je crois qu’on a bien bossé.

Bon visionnage ! 🛰️